PAUSE

Chers lecteurs, collègues enseignants, anciens élèves et autres curieux, après un peu moins d'une vingtaine d'années dans l'enseignement dont une bonne dizaine consacrée l'écriture quotidienne de ce blog, j'ai décidé de faire une pause afin d'exercer d'autres fonctions. Vous pourrez toujours consulter mes archives et ainsi découvrir le travail de mes élèves. Bonne lecture, Jean-Christophe DA VEIGA

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mardi 29 novembre 2016

Histoire de l'Art // 1CV

Cours // 3 / Le Caravagisme
  • Travail du jour : prise de notes et lecture de documents 
  • Durée : 2h — Séance n°2 { 3h30
  • Absent : Jin        Retard : Aucun
Le Caravage (1571-1610) connaît la célébrité de son vivant. Après un apprentissage selon les codes maniéristes à Milan, il tente sa chance à Rome : ville Papale dans laquelle vivent de riches mécènes. Ses débuts sont difficiles partageant la vie du peuple auquel il empruntera ses modèles. En effet, la vie de débauche et de violence que le Caravage mène dans les bas-fonds de Rome contraste fort avec la carrière d'un peintre bien en cour auprès des gens d'Église et ardemment attaché au sujet religieux. En 1606, il est coupable d’un crime qu’il l’oblige à l’exil à Naples. Il laissera une œuvre puissante et novatrice : une révolution picturale.

1- La révolution caravagesque
Le Caravage rompt brutalement avec le système de représentation des peintres de la Renaissance. Pour lui, la beauté de l’œuvre ne se trouve pas dans la recherche du Beau idéal, humaniste et construit selon les canons de l’Antiquité. Il peint avec réalisme et le plus fidèlement ce qu’il voit et veut donner à voir — c’est le naturalisme. Les corps sont ceux de leurs modèles qu'ils soient beaux ou laids, les sentiments ceux des personnages. Les canons esthétiques antiques sont rejetés au profit d'un réalisme sans failles, non pas dans l'attachement au détail à la manière flamande mais à celui de la vie quotidienne, avec sa douleur, sa violence et pourquoi pas sa laideur... La scène est traitée, elle aussi, avec le regard du quotidien : le récit, qu'il soit historique, mythologique ou religieux, est transposé à l'époque contemporaine, intégré à l'architecture, au mobilier et à la mode vestimentaire du XVIIe siècle.
L’intention du Caravage est de convaincre. Il peint avec réalisme, avec crudité, violemment aussi afin de persuader le spectateur que le sujet et l’action sont vrais (miracle, résurrection, crime). Pour rappel, le contexte de ce début du 17e est le conflit entre l'Union Protestante et la Ligue Catholique (guerre de trente ans). Par conséquent, le Caravage, homme convaincu et impliqué, utilise son talent pictural dans la contre réforme.

2- Les caractéristiques plastiques
Les principales caractéristiques sont le clair-obscur, une palette limitée, brune et chaude et enfin la mise en scène du sujet dans l’action.
L'éclairage est latéral. Il participe avec violence au modelé des corps et crée la profondeur. Le fond sombre et l'absence d'arrière-plan rend la scène particulièrement intimiste nous rapprochant des personnages et nous incluant dans la scène. Le clair-obscur attire l’attention, dirige le regard et favorise une ambiance réflexive, pessimiste, solennelle. Le clair-obscur théâtralise, met en scène et dramatise l’action comme dans les jeux de lumière d’une pièce de théâtre.
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