lundi 14 mai 2018

Histoire de l'Art // TCV

Cours // 15 / Les années 60 et 70  
  • Travail du jour : Lecture des documents et prise de notes
  • Durée : 3h — Séance n°1 {3h00
  • Absent : Chamontin, Goyo, Gilardot, Rousset          Retard : Desmet (2h) ; Chartier (1h)

POP ART 
Le Pop Art, forme abrégée de popular art, désigne une production artistique britannique et américaine inspirée par la culture populaire entre 1955 et 1970. Ce style, perçu comme l’art impérialiste américain, présente un constat simple de la société de consommation (stéréotypes, stars, nourritures, etc.). Facilement reconnaissable, Le pop art minimise l’expression personnelle, intègre l’environnement et s’exprime dans l’art, la musique et la danse. Elle constitue un véritable phénomène de société, reçoit un large accueil et se démarque de l’imagerie hermétique et des accents passionnés de l’expressionnisme abstrait. La pratique du ready-made et du happening, prolongement des spectacles dadaïstes, place le pop art dans la lignée de Dada.
CARACTÉRISTIQUES
Les artistes expérimentent les procédés techniques les plus récents de l’industrie et du commerce, la peinture acrylique, le collage sur toile de matériaux étranger à la peinture, et la sérigraphie. La figuration s’inspire de la publicité, des magazines, de la télévision et de la bande-dessinée (comics). Les peintres ne distinguent pas le bon du mauvais goût. L’art témoigne du monde moderne quotidien des objets ménagers, de la publicité, des vedettes et du rebut. Les peintres utilisent le cadrage frontal et les vues perspectives. Les toiles apparaissent simples et lisibles. Les personnages et les objets sont parés des couleurs vives et souvent dissonantes de la publicité et donnent une nouvelle approche de la réalité.




NOUVEAU RÉALISME
Selon Yves Klein, artiste fondateur du mouvement, le nouveau réalisme est une « nouvelle approche perspective du réel ». Pierre Restany, critique d’art français, situe les nouveaux réalistes dans le droit fil des ready-mades de Marcel Duchamp. Plongée dans le monde réel citadin, les artistes le représentent qu’il est, tragique, hédoniste. Ils détournent les produits et les objets de la société qui les entourent vers un usage esthétique ou bien les représentent tel quels. L’intervention de l’artiste semble parfois minime. Aussitôt approprié par l’artiste, le morceau de réalité prend un caractère sociologique. De 1960 à 1970, de très nombreux artistes français adhèrent à cette esthétique (Arman, César, Hains, Tinguely, Nikki de Saint-Phalle, etc.). À la mort d’Yves Klein 1962, le mouvement est très ébranlé, il sera dissous officiellement 1970.
CARACTÉRISTIQUES
Les artistes utilisent des supports variés : toile, papier, métal et panneau de bois lorsque la technique est mixte. Les œuvres en deux dimensions sont plus rares que les sculptures. Ils choisissent la peinture acrylique, la technique photographique ou la sérigraphie.
Les nouveaux réalistes représentent la réalité quotidienne, la société de consommation, mais aussi les paysages urbains et de banlieues, les portraits célèbres, contemporains ou du passé et le corps de la femme. Ils aiment les couleurs vives, pures et même agressives.




ART CINÉTIQUE / OP-ART
Le mot « cinétique », du grec Kinesis, caractérise le « mouvement » en physique et par extension dans l’art. Par contre, l’op art, abréviation de optical Art définit l’illusion optique du mouvement. Laszlo Moholy-Nagy, artiste d’origine hongroise, est l’un des précurseurs de l’art cinétique et de l’op art par ses recherches d’avant-guerre comme les artistes sculpteurs d’avant-garde russe, qui participent à l’éclosion du constructivisme. L’art cinétique s’étend en 1954 aux œuvres de Victor Vasarely, son fondateur français. Celui-ci élabore une nouvelle représentation artistique du monde qu’il définit en 1955 dans son Manifeste jaune.
Les années 60 sont marquées par les innovations technologiques et scientifiques, l’envoie des premiers hommes dans l’espace et l’enthousiasme pour la vitesse.
L’art cinétique a pour origine certaine façon spontanée : toile du peintre romantique Turner, des futuristes et de l’orphisme. Vasarely élaboré une technique pour intégrer le mouvement à l’œuvre d’art. Cela génère un Groupe de Recherches d’Art Visuel, le G.R.A.V né en 1960 de la volonté de six artistes : Horacio Garcia-Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein et Jean-Pierre Yvaral. Ils proposent dans un manifeste d’éliminer la catégorie « œuvre d’art » et de déplacer l’art dans la rue comme un bien de consommation. L’œuvre d’art est réalisée en de nombreux exemplaires, tous identiques appelées « multiples » sans que préexiste l’original.
La multiplication des centres de création et de diffusion de l’art cinétique, stimulée par le grand succès qu’il rencontre en Europe et aux Etats-Unis, engendre une circulation internationale des œuvres.
CARACTÉRISTIQUES
L’expression du mouvement et le mouvement réel peuvent être représentés selon différentes méthodes : par un simple effet d’optique décidé par l’artiste et basé sur des réactions physiologiques de la perception visuelle (Vasarelly, Morellet, Riley) ; par la superposition de lignes de trame dans l’espace, qui provoque un effet de moirage et crée une sensation de mouvement sans que rien ne bouge dans l’œuvre elle-même (Yvaral, Soto, Cruz-Diez) ; par un mouvement réel de l’œuvre, autonome ou dû à une manipulation du spectateur (Kowalski) ; par le lumino-cinétisme, jeux de lumière et reflets lumineux (Le Parc, Stein, Shöffer) ; par l’utilisation des couleurs (Shoonhoven).
Dans toutes les œuvres de l’op art, le mouvement est purement optique, jamais réel. Dans l’art cinétique, l’œuvre et/ou le spectateur peuvent bouger. Tous les artistes cinétiques ont réalisé des œuvres cinétiques et optiques. En revanche, les artistes de l’op art n’ont pratquement jamais réalisé d’œuvres cinétiques.




MINIMAL ART
Le terme « Minimal Art » traduit par « art minimal » ou « minimalisme » est parfois employé dans un sens péjoratif et réducteur mais il signifie « less is more » c’est-à-dire « le mois est le plus » — réf. Mies Van der Rohe, architecte et designer du Bauhaus.
Très abondant en sculpture, l’art minimaliste compte cependant des peintres majeurs comme Barnet Newman et Franck Stella. Stella donne les prémices théoriques et stylistiques du minimalisme : « tout ce qui est à voir est ce que vous voyez ». Dans les années 80, la peinture minimaliste se renouvelle sous la nomination de « néo-géo » avec l’artiste Peter Haley.

CARACTÉRISTIQUES
Plus de sujet, plus de formes, plus de mouvement, mais de la couleur sur un grand format. Les formes sont délibérément simplifiées à l’extrême, ramener à leurs structures élémentaires (trait, point, cercle, carré et rectangle). Les lignes, plans et traces géométriques sont orchestrés dans la simplicité la plus radicale obligeant l’observateur à percevoir le « minimal » dans l’œuvre d’art, nettoyer de toute représentation subjective.
Les couleurs vives, réduites à deux ou trois tons, s’imposent dans chaque œuvre et évitent tout effet spatial. Muette, impersonnelle et insignifiante, l’œuvre provoque l’œil du spectateur par l’appel chromatique, plus ou moins intense et par la surface sur laquelle s’étend cette couleur. Des toiles surgissent différents degrés de lumière. Les surfaces mates ou brillantes donnent des vibrations différentes. Dès lors, l’œuvre possède son propre système lumineux et ne demande pas à être nécessairement éclairé pourrait être perceptible.




FLUXUS
L’appellation « Fluxus » du latin « mouvement » pour un courant qui se veut insaisissable, se forge aux Etats-Unis, 1961, lors d’une soirée musicale expérimentale organisée par le fondateur du mouvement et de la revue du même nom, Georges Maciunas.
Les artistes aspirent à un changement radical, loin de l’abstraction picturale qui domine. Fluxus, le flux de la vie, est un état d’esprit, une attitude plus qu’un mouvement, qu’un mode d’expression défini, souvent humoristique et subversif qui s’attaque à la fonction symbolique de l’objet. Issu de la conception anticonformiste dadaïste, Fluxus donne naissance à un art nouveau, un non-art : la non production de tableaux et d’objets, l’antimusique, l’antipoésie. Pour Ben, principal représentant du mouvement fluxus français, « tout est art ».
CARACTÉRISTIQUES
L’éclectisme des « events », des manifestations ponctuelles humoristiques et satiriques caractérisent Fluxus : idées, actions musicales, happening, films, vidéos, photographies, écritures, éléments de la vie quotidienne récupérés et présentés avec l’esprit dadaïste…





ART CONCEPTUEL
L’art conceptuel est un mouvement new-yorkais apparu 1965. Le peintre Op Art Kienholz nomme ainsi la suppression du tableau par un concept. Ce concept peut se définir comme « la réduction de l’art à des idées pures, n’intervient plus aucun métier artistique ». Les assistants conceptuels privilégient l’idée et sa transposition sur l’objet d’art. L’art conceptuel trouve ses racines dans l’attitude dadaïste de Marcel Duchamp qui, en présentant ses ready-made, remet en cause la notion traditionnelle d’œuvre d’art. L’art conceptuel se développe en réaction à l’esthétique formelle et décorative de l’art minimaliste est à la toute puissance de l’objet dont le pop art. « Les idées peuvent être des œuvres d’art. Elles s’enchaînent et finissent parfois par se matérialiser mais tout les idées non pas besoin d’être matérialisées » écrit le peintre minimaliste Sol LeWitt en 1969. La réflexion sur le langage, la sémiologie (étude des signes), la philosophie, la méditation sur le fondement de l’art se substituent complètement à la création de l’objet. Le mouvement américain se développe ensuite en Europe et connaît un impact considérable jusqu’à la fin des années 70. Des artistes s’affirme en Europe, en Allemagne (Besher, Darboven), en France (B.M.P.T.) et en Grande-Bretagne (Art et Language).
CARACTÉRISTIQUES
Les concepts, les idées se présentent sous forme de déclamation parlées ou chantées, de conversations, de réflexions ou de citations politiques, sociales, philosophiques, linguistiques ou encore d’exposés.
Ce sont aussi de petits livres, des textes illustrés, des photos, des films, des mots écrits sur les murs de galeries, des toiles animées de formules mathématiques visant à exprimer l’idée ou encore la mise en scène du corps de l’artiste ou de la nature.



HYPERRÉALISME

L’hyperréalisme, nommé aussi en anglais « photoréalisme » ou « supperrealism », désigne un courant de peinture et de sculpture né en 1965 au Etats-Unis. La figuration, « plus vraie que vrai » et sans émotion, observe le réel à travers la photographie.

Ce mouvement d’assez courte durée procède du Pop Art par la description de la société de consommation américaine et par le reportage sur la vie quotidienne. Il reçoit un accueil largement favorable auprès du public et des collectionneurs.

CARACTÉRISTIQUES
Les tableaux sont peints à l’huile ou à l’acrylique. Certains peintres utilisent la technique de l’aérographe. Ils montrent le paysage urbain, ses enseignes publicitaires lumineuses, les cafétérias et les supermarchés ainsi que les constructions techniques (les voitures, les motocyclettes et les aéroports).
En prenant la photographie pour base (diapositives et clichés projetés à l’aide d’un épiscope), il modifient certains aspects à leur convenance (agrandissement, déformation, netteté). Les peintres choisissent des cadrages arbitraires et variés. L’exécution relève de la virtuosité froide du trompe-l’oeil traditionnel et confère un aspect clinquant aux objets représentés.